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l'ankh 
Les
Lamentations
Les
Prophéties
Chant
du Harpiste. Moyen Empire
"
Des générations disparaissent et s’en vont,
D’autres
demeurent et cela dure depuis le temps des Ancêtres,
Des
dieux qui ont existé auparavant
Et
reposent dans leurs pyramides.
Nobles
et gens illustres sont enterrés dans leurs tombeaux.
Ils
ont bâti des maisons dont la place n’existe plus.
Qu’est-il
advenu d’eux ?
J’ai
entendu des sentences de Imhouthes et de Hardedef,
Que
l’on cite en proverbe et qui durent plus que tout.
Où
sont leurs demeures ?
Leurs
murs sont tombés ;
leurs
places n’existent plus, comme si elles n‘avaient jamais été.
Personne
ne vient de là-bas annoncer ce qu’il en est,
Annoncer
ce dont il a besoin,
Pour
apaiser notre cœur jusqu’à ce que nous abordions
Au
lieu où ils s’en sont allés.
A
cause de cela, apaise ton cœur.
Que
l’oubli te soit profitable !
Suis
ton cœur, aussi longtemps que tu vis.
Place de l’oliban sur ta tête.
Vêts-toi de fin lin.
Oins-toi avec la véritable merveille du sacrifice divin.
Augmente ton bien-être, pour que ton cœur ne s’affaiblisse pas
Suis ton cœur et ce qui t’est bon.
Expédie tes affaires sur terre.
Ne fatigue point ton cœur,
Jusqu’au jour où viendra pour toi la complainte funéraire.
Celui-dont-le-cœur-est-las n’entend point son appel.
Son appel n’a sauvé personne du tombeau.
C’est pourquoi fais un jour heureux et ne
te lasse point de cela.
Vois,
personne n’a emporté son bien avec soi.
Vois, personne n’est revenu qui s’en est une fois allé."
Le
dialogue d’un désespéré avec son âme.
Première Période Intermédiaire
Premier poème
"
Vois, mon nom serait odieux à cause de toi,
plus
que l’odeur des vautours, les jours d’été, quand le ciel est brûlant
Vois
mon nom serait odieux à cause de toi,
plus
que l’odeur du pêcheur de sebenou un jour de prise quand
le ciel est brûlant
Vois
mon nom serait odieux à cause de toi,
plus
que l’odeur des oiseaux dans un fourré de roseaux peuplé de gibiers d’eau.
Vois,
mon nom serait odieux à cause de toi,
Plus
que l’odeur du pêcheur dans les eaux croupies des marais où ils ont pêché.
Vois,
mon nom serait odieux à cause de toi,
plus
que l’odeur des crocodiles, plus que résider
sur la berge peuplée de crocodiles.
Vois,
mon nom serait odieux à cause de toi,
plus
que celui de la femme calomniée auprès du mari.
Vois,
mon nom serait odieux à cause de toi,
Plus
que celui de l’enfant vaillant dont on dit : il est l’amant.
Vois,
mon nom serait odieux à cause de toi,
Plus
que celui de la ville du souverain qui ourdit une sédition quand il a le dos
tourné. "

Lamentations
d'Ipouer. Première Période Intermédiaire
" C'est
donc ainsi : le Nil frappe ses rives et pourtant on ne laboure pas. chacun dit :
"
Nous ne savons pas ce qui est arrivé à travers le pays
C'est
donc ainsi : les femmes sont stériles, car on ne conçoit plus. Et Khnoum ne
crée plus à cause de l’état du pays.
C’est donc ainsi : les hommes démunis sont devenus propriétaires de richesses.
Celui qui ne pouvait faire pour lui même une paire de sandales possède des monceaux.
C’est donc ainsi : beaucoup de morts sont jetés au fleuve, le flot est
une tombe et la Place pure est maintenant dans les flots..
C’est
donc ainsi : les riches se lamentent, les miséreux sont dans la joie, et
chaque ville dit : " Laissez-nous chasser les puissants de chez nous."
C’est
donc ainsi : le peuple est semblable aux ibis, et les souillures sont à
travers le pays, personne ne porte de vêtements blancs, en ce temps.
C’est
donc ainsi : le pays tourne comme
un tour de potier, le voleur est en possession de trésors…
…
Voyez donc ce qui se produit : le pays est privé de la royauté par quelques
personnes dépourvues de raisons.
Voyez,
le secret de ce pays dont on ne connaît pas les frontières est trahi :
le Résidence s’est écroulée en une heure.
Voyez,
les pays est rempli de bandes : les misérables dérobent sont bien au puissant.
Voyez,
celui qui ne pouvait pas se fabriquer un sarcophage possède maintenant une tombe.
Voyez, les fonctionnaires se sont dispersés à travers le pays…
…
Voyez celui qui ne savait pas jouer de la harpe possède maintenant une harpe.
Voyez,
les pauvres du pays sont devenus les riches, celui qui possédait quelque chose
est maintenant quelqu’un qui n’a rien
…
Voyez, aucune fonction n’est plus à sa bonne place, ils sont comme un troupeau
effarouché sans berger… …

Deuxième
poème
" A
qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
Les
frères sont méchants, et les amis d’aujourd’hui, ils n’aiment plus !
A
qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
Les cœurs sont égoïstes et chacun emporte les biens de son frère !
A qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
La bienveillance a disparu, la violence entre partout !
A qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
On se plait à la méchanceté, et le bien est jeté à bas en tout lieu !
A qui pourrais-je parler encore aujourd’hui ?
Celui qui rendait furieux à cause de sa méchanceté fait rire tout le monde
de son forfait
A qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
On pille, et chacun vole son frère.
A qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
Le criminel est devenu confident,
et le frère qu’on fréquentait est devenu un adversaire !
A qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
On oublie hier, on n’agit plus de nos jours pour celui qui a agi !
A qui pourrais-je encore parler aujourd’hui
Les frères sont méchants, et on doit se tourner vers les étrangers pour
trouver la rectitude !
A qui pourrais-je encore parler aujourd’hui ?
Le malheur qui a frappé le pays, il est infini !"

Extrait
de la Prophétie de Neferty. Moyen Empire
Mais
voici qu’un roi viendra du Sud, nommé Amény, juste de voix. C’est le fils d’une
femme de Nubie, c’est un enfant de Haute-Egypte… Réjouissez-vous, hommes de
son temps. Le fils d’un homme en vue se fera un renom pour toute l’éternité.
Ceux qui étaient disposés au mal et méditaient des actes hostiles ont fait taire
leur bouche par crainte de lui… Le droit reviendra à sa place, l’iniquité ayant
été poussée dehors. Qu’il se réjouisse, celui qui verra cela et qui se trouvera
alors au service du Roi. (Traduction Lefebvre)

Les
Contes et Récits
Conte égyptien. Mythe
de l’Oeil du Soleil. Le Singe raconte une fable à Tefnou
tIl
arriva qu’un lion allait, cherchant l’homme. Et un petit rat apparut entre ses
pattes, d’aspect bien faible et né depuis peu. Comme le lion allait le fouler
aux pieds, le rat lui dit :
" Ne me foule pas aux pieds, ô Monseigneur Lion. Si tu me manges,
tu ne seras pas rassasié et si tu me laisses partir, tu n’auras même plus envie
de me manger. Si tu me donnes mon souffle en cadeau, moi, je te donnerai le
tien une autre fois. Si tu m’épargnes et ne me détruis pas, je te ferai sortir
de ta propre destruction et te ferai échapper à ton malheur. "
Le lion se rit du rat en disant :
"Qu’est-ce que tu feras finalement ?"
Mais celui-ci jura et dit :
" Je te ferai échapper au malheur quand, quelque mauvais jour, il
s’abattra sur toi."
Le lion considéra ce qu’avait dit le rat comme une plaisanterie et pensa à part
soi :
" Si je le mange, je ne serai pas rassasié, c’est vrai."
Et il le laissa partir.
Il advint qu’il y eut un chasseur qui plaça un piège pourvu d’un filet, après
avoir creusé une fosse devant le lion. Le lion tomba dans la fosse et fut aux
mains de l’homme. Il le plaça dans le filet, et il l’attacha avec des sangles
sèches et le lia avec des sangles fraîches. Et ainsi il fut abandonné dans le
désert et il était tout triste.
Quand vint la septième heure de la nuit, le Destin voulut que s’effectuât sa
plaisanterie par les grandes paroles qu’avait prononcées le lion. Celui-là dit :
" Tu ne me reconnais pas ? Je sus le petit rat à qui tu as concédé
le souffle en cadeau et je suis venu pour t’en donner aujourd’hui la récompense :
je vais te sauver du malheur dans lequel tu es tombé. Car accomplir de bonnes
actions est utile à celui qui les accomplit."
Et aussitôt le petit rat fit aller sa mâchoire sur les liens du lion. Il tailla
les sangles sèches et rompit les sangles fraîches dont il était lié tant qu’il
y en eut et fit sortir le lion de ses liens. Le rat se cacha dans sa crinière
et il le transporta au désert ce jour-là.

Les
biographies
Extraits
de la biographie d'Ouni. Ancien Empire.
Extrait
I
Cette armée revint en paix,
Après avoir mis à sac le pays de Ceux-qui-sont-sur-le-sable.
Cette armée revint en paix,
Après avoir détruit le pays de Ceux-qui-sont-sur-le-sable.
Cette armée revint en paix,
Après avoir renversé ses forteresses.
Cette armée revint en paix,
Après avoir coupé ses figuiers et ses vignes.
Cette armée revint en paix,
Après avoir mis le feu à ses habitations.
Cette armée revint en paix,
Après avoir tué des troupes par myriades
nombreuses.
Cette armée revint en paix,
Après avoir ramené de très nombreuses troupes
de prisonniers.

Extrait
II
Sa
Majesté m’envoya conduire cette armée par cinq fois pour anéantir le pays de
Ceux-qui-sont-sur-le-sable, chaque fois qu’ils se révoltaient avec les mêmes
troupes. J’agis de sorte que Sa Majesté me loue à ce sujet plus que toute autre
choses. Il fut rapporté qu’il y avait des fauteurs de troubles pour une affaire
survenue parmi les mêmes étrangers, au Nez-de-la Gazelle. Je fis la traversée
sur des navires au long cours avec les mêmes troupes et j’organisai le débarquement
derrière les hauteurs de la montagne, au nord du pays de Ceux-qui-sont-sur-le-sable.
Tandis que toute l’autre moitié de la même armée avait pris le chemin de terre.
Je revins après les avoir saisis et après avoir tué tout rebelle parmi eux.

Autobiographie
d’Ahmosis, fils
d'Abana, Nouvel Empire
Le
commandant Ahmosis, fils légitime d’Abana, prend la parole et dit : " C’est
à vous tous que je m’adresse. Je veux vous parler des faveurs dont j’ai bénéficié.
A sept reprises, j’ai été récompensé par de l’or au vu et su de la population
toute entière, et aussi par des esclaves hommes et femmes. L’on m’a également
gratifié de nombreuses terres. Le nom de l’homme valeureux est attaché à ses
actes : il ne périra jamais dans son pays."

Les
Sagesses et Enseignements
Extraits
des Enseignements pour le roi Merikarê
Extrait
I
Imite
tes pères, tes ancêtres,
Ils
ont assujetti leurs gens par leur savoir.
Voici
que leurs paroles demeurent dans leurs écrits.
Ouvre,
tu liras et tu imiteras leur savoir.
On
ne devient expérimenté qu’après avoir été enseigné.
Extrait
II
Pratique
la justice et tu dureras sur terre.
Apaise
celui qui pleure, n’opprime pas la veuve,
Ne
chasse point un homme de la propriété de son père.
Ne
porte point atteinte aux grands dans leur possession.
Garde
toi de punir injustement.
Extrait
III
C’est
un savant que le seigneur du Double-Rivage.
Un roi, possesseur d’une cour, n’est point insensé.
Il est plein de sagesse dès qu’ils sort du sein
maternel,
Et Dieu l’a distingué parmi des millions d’hommes.
C’est une fonction parfaite que la royauté…
Extrait
IV
Sois
un artiste en paroles pour atteindre la victoire.
La
langue est le glaive du roi.
La
parole est plus puissante qu’aucune arme.
On
ne trompe pas un homme intelligent…
On
respecte la vie d’un homme à l’œil ouvert,
Mais
celui qui a trop de confiance va à sa perte…
Ne
sois pas méchant, la maîtrise de soi est bonne.
Fais-toi
un monument durable par l’amour que tu laisses…
Fais
plier la foule et éloigne d’elle la flamme.
Un
peuple riche ne se dresse pas pour se révolter.
Ne
l’appauvris pas de sorte qu’il ne sois pas poussé à la révolte,
Car
c’est le pauvre qui fomente le trouble…
Enrichis paysans et citadins,
Et
l’on rendra grâce à dieu pour tes dons.
Honore
les grands, mais veille au bien-être de tes gens…
Enrichis
tes grands pourvu qu’ils agissent selon tes lois.
Celui
qui est riche en sa maison ne se conduit pas en factieux…
Ne
fais pas de différence entre le fils d’un homme de qualité et celui d’un homme
du commun.
Mais
va chercher un homme pour sa conduite,
De
façon que tout art soit exercé….
Vois,
je t’ai dit le meilleur de ma méditation,
Place-le
comme base de ta conduite devant tes yeux.
Extraits
de l’Enseignement de Ptahhotep.
Ancien Empire
Extrait
I
Si tu veux maintenir la paix dans une maison,
Où tu as tes entrées comme Seigneur, comme
frère ou comme ami,
En quelque endroit que tu entres,
Garde-toi d’approcher des femmes.
Un lieu où elles sont ne peut être bon…
Mille hommes se sont tenus à l’écart de ce qui leur
aurait été utile.
C’est un moment bref comme un songe
Et l’on trouve la mort pour l’avoir connu.
Extrait
II
Si tu es un homme en vue, fonde-toi un foyer
Et aime ta femme dans la maison, comme il lui appartient.
Donne lui à manger et couvre son dos de vêtements.
C’est un remède pour ses membres que le parfum onctueux.
Réjouis son cœur tant qu’elle vit.
C'est un champ excellent pour son Seigneur.

Les Chants d’Amour
Extraits
des Conseils des Scribes. Nouvel Empire et Basse Epoque
N’épargne
pas le travail à ton fils quand il peut le faire.. Apprends-lui à écrire, labourer,
attraper les oiseaux et poser des pièges au cas où la crue du Nil serait peu
abondante, afin qu’il puisse retirer les fruits de ses leçons. (Basse Epoque)
Ne
copule pas avec une femme mariée. Celui qui copule avec une femme mariée dans
le lit de celle-ci, sa propre épouse pourrait à son tour être violée sur le
sol. (Basse Epoque)
Choisis
une épouse tant que tu es jeune, afin qu’elle puisse te donner un fils. Engendre-le
dans ta jeunesse, pour le voir devenir un homme. (Nouvel
Empire)
Conseil
aux parents : Ne favorise pas l’un de tes enfants aux dépens des autres.
Après tout, tu ne sais pas encore lequel se montrera le plus gentil avec toi.
(Basse Epoque)
Double
la ration de nourriture que ta mère t’a donnée, et occupe-toi d’elle comme elle
s’est occupée de toi. Tu as été un lourd fardeau pour elle, mais elle ne t’a
pas abandonné. Lorsque tu es né, après de longs mois, elle n’a pas rompu le
lien avec toi puisqu’elle t’a donné le sein pendant trois ans. Alors que tu
grandissais et que tes excréments étaient dégoûtants, elle n’a pas été dégoûtée.
(Nouvel Empire)
Montrez
vos richesses à votre femme mais ne les lui confiez pas… N’ouvrez pas votre
cœur à votre femme, car ce que vous lui direz en privé sera répété dans la rue…
Si une femme ne désire pas les biens de son mari, c’est qu’elle est amoureuse
d’un autre. (Propos du scribe Ankhshéshonq)

Quand
je te vois, mes yeux brillent et j’aspire à te regarder, toi qui gouvernes mon
cœur et que je chéris entre tous les hommes. Oh, si seulement ce moment merveilleux
pouvait durer toujours. Depuis cette nuit passée avec toi, le bonheur emplit
mon cœur. Ne me quitte jamais ! (Nouvel Empire)
C’est un voisin qui habite tout
près de la maison de ma mère, mais je ne sais comment aller vers lui. Mère a
raison de vouloir lui dire : Arrête de la voir ! Mon cœur souffre
lorsque je pense à lui, et mon amour pour lui m’habite toute entière. En vérité,
il est fou, et moi aussi. Il ignore combien j’aimerais l’étreindre, sinon il
irait trouver ma mère. (Nouvel Empire)
Je vois ma sœur approcher. Mon cœur
exulte, mes bras s’ouvrent pour l’accueillir. Mon cœur danse dans ma poitrine
comme le poisson rouge dans son bassin. Oh, nuit, puisses-tu être mienne à jamais
maintenant que ma bien-aimée est là. (Nouvel Empire)
Je ne le quitterai pas même s’ils
me battent et m’obligent à me réfugier dans les marécages. Même s’ils me chassent
jusqu’en Syrie avec des massues, en Nubie avec des stipes de palmier, dans le
désert avec des bâtons ou jusqu’à la côte pour m’obliger à abandonner l’homme
que j’aime. (Nouvel Empire)

Lettres,
inscriptions, documents juridiques
J’étais
un artiste doué dans mon art, inégalé dans ma technique… Je savais comment rendre
les mouvements d’un homme et le maintien d’une femme… A part moi et mon fils
aîné, chair de ma chair, nul n’y parvient aussi bien. (Inscription du sculpteur
Irtisen)
Celui qui commet une offense, quelle
qu’elle soit, contre ma concubine devient mon ennemi et moi le sien. Voyez !
Elle est ma concubine, et tout le monde sait comment traiter la concubine d’un
homme.. Lequel d’entre vous saurait se montrer patient si l’on insultait sa
femme devant lui ? Alors, pourquoi devrais-je me montrer patient ? (Lettre
du prêtre Hekanakht)
Extrait du décret
de Pepi I. Décret dit de Dachour exemptant la ville des deux pyramides de tout
impôt ou corvée.
Le
roi de Haute et de Basse Egypte, Snéfrou dans les deux pyramides Kha-Snéfrou.
Ma
Majesté a ordonné que ce domaine des deux pyramides soit exempté en sa faveur
de l'exécution de tout travail de construction de la maison du roi, pour toute
l'éternité, de toute corvée sur l'ordre de qui que ce soit, pour toute l'éternité.
Ma
Majesté a ordonné que tous les gens de la ville des deux pyramides soient exemptés,
en sa faveur, du passage de tous messagers soit par eau, soit par terre, descendant
ou montant le fleuve.
Ma
Majesté a ordonné qu'aucun laboureur de la ville des deux pyramides ne soit
mis en service de labourage pour le compte des gens d'une quelconque épouse
royale, d'un fils royal, d'un prince ou d'une princesse quelconque, d'un ami
ou d'un notable quelconque, exempté pour le compte des gens du domaine des deux
pyramides.
Ma
Majesté a fait exempter la ville des deux pyramides de ces charges afin d'assurer
le service des prêtres, la célébration des fêtes mensuelles, l'accomplissement
des rites pour le roi de Haute et Basse Egypte Snefrou dans ce domaine des deux
pyramides appelées Kha-Snefrou sur l'ordre et pour la vie, la santé, le salut
du roi de Haute et Basse Egypte Merire vivant à jamais.
Scellé
devant moi le roi.
Révolte
des ouvriers de la nécropole royale sous Ramsès III. Papyrus
conservé à Turin.
"
En la 29ème année, le 10 du mois de Mechir, en ce jour, bris de cinq
murs de la nécropole par les équipes d’ouvriers qui disaient : « Nous
avons faim car il y a dix-huit jours de passés dans le mois. » Et ils s’installèrent
à la partie postérieure du temple de Thoutmosis III. Alors vinrent les scribes
de la prison de la Nécropole, les deux chefs d’équipe, les deux représentants
et les deux chefs de district. Et ils crièrent : Rentrez-donc. Et ils firent
de grands serments en disant : « Venez, nous avons la parole de pharaon
V.S.F. Demeurez en ce lieu. Passez la nuit dans la nécropole."
"Nous
en sommes arrivés là de faim et de soif : nous n’avons pas de vêtements ;
nous n’avons pas d’huile ; nous n’avons pas de poisson, nous n’avons pas
de légumes verts. Envoyez-le dire à Pharaon V.S.F, notre Seigneur parfait. Et
envoyez-le dire aussi au vizir, notre supérieur, qu’il nous donne le moyen de
vivre."
Ramses
II s’adressant à ses ouvriers.
"J’ai
assuré votre subsistance en tout produit, pensant que vous travailleriez pour
moi d’un cœur reconnaissant. J’ai été constamment soucieux de vos besoins, multipliant
les vivres en votre possession, car je sais que le genre de travail que vous
faites, on se réjouit de le faire quand on a le ventre plein. Les greniers sont
pleins de blé pour vous. J’ai empli à votre intention les magasins de toutes
sortes de produits, tels que pains, viandes, gâteaux pour vous sustenter, sandales,
habits, huiles en abondance, pour vous enduire la tête tous les dix jours, vous
vêtir à neuf tous les ans, et vous pourvoir de sandales tous les jours. Personne
d’entre vous ne passe la nuit à déplorer sa pauvreté. J’ai affecté des quantités
d’hommes à votre alimentation, des pêcheurs pour vous apporter du poisson, et
d’autres comme vignerons pour faire pousser le raisin ; des potiers faisant
tourner le tour et fabriquant des vases pour rafraîchir votre eau au moment
des chaleurs. De Haute et de Basse Egypte s’acheminent vers vous, continuellement,
blé, orge, grain, helba, fèves en nombre illimité. J’ai fait tout cela en me
disant que vous y trouveriez un motif de travailler pour moi d’un cœur unanime."
Testament
de Dame Naunakhte (voir Deir
el Medineh)
Extrait du catalogue du
Louvre relatif à l'exposition de Deir el-Medineh.
A. Document contenant la déclaration datée que
la citadine Naunakhte a faite de ses biens.
An 3, quatrième mois d'akhet, le 5.
Sous la Majesté du roi de Haute et de Basse Egypte, seigneur du Double-Pays,
Ousermaâtrê Sekhenperenrê VSF, le fils de Rê, seigneur
des couronnes comme Atoum, Ramses Amonkerkhopechef Meryimen VSF, doué
de vie pour toujours et à jamais.
En ce jour a été établie une déclaration datée
de ses biens par la dame Naunakhte devant le conseil ainsi constitué
:
- le chef d'équipe Nekhenmout
- le chef d'équipe Anhourkhâou
- le scribe de laTtombe Amonnakhte
- le sribe Horcheri
- le dessinateur Amonhotep
- l'homme d'équipe Telmontou
- l'homme d'équipe To
- le dessinateur Pentaourê
- l'homme d'équipe Ouserhat
- l'homme d'équipe Nebnefer
- l'homme d'équipe Amonpahâpy
- l'inspecteur Amonnakhte
- l'inspercteur Ramose
- l'homme d'équipe Nebnefer, fils de Khonsou
Elle a déclaré : " Quant à
moi, je suis une femme libre du pays de Pharaon VSF. J'ai élevé
ces huit serviteurs qui vous appartiennent et je leur ai donné un nécessaire
pour se fonder un foyer comportant toutes sortes de biens, tel que celui que
l'on fait pour ceux qui sont de leur condition. Or voyez, je suis devenue vieille,
mais ils ne s'occupent pas de moi à leur tour. Celui d'entre eux, quel
qu'il soit, qui placera sa main dans ma main, je lui donnerai mes biens, mais
celui qui ne m'a pas donné, je ne lui donerai rien de mes biens. "
Liste des hommes d'équipe et des femmes à qui elle a donné
:
- l'homme Mainakhouf
- l'homme d'équipe Qenherkhepechef
Elle a déclaré : " Je lui ai donné en récompense
une cuvette en bronze, en plus de la part de ses compagnons, valant 10 khar
de blé amidonnier."
- l'homme d'équipe Amonnakhte
- la citadine Ouasenakhte
- la citadine Menatnakhte
De la citadine Menatnakhte elle a déclaré :" Elle a droit
à une part de tous mes biens, excepté l'oipé de blé
amidonnier que m'ont donné mes trois enfants mâles et la citadine
Ouasenakhte, et excepté le vase hin d'onguent qu'ils m'ont donné
de la même manière."
Liste de ses enfants dont elle a dit : " Ils ne bénéficieront
pas du partage de mon tiers; ce n'est que du partage des deux tiers de leur
père qu'ils bénéficieront."
- l'homme d'équipe Neferhotep
" Quant à mon chaudron que je lui ai donné pour s'acheter
des provisions ainsi que le pic de 7 deben, le vase irer de 7 deben et le pic
ânet de 6 deben, en tout 40 deben, ils seront pour lui une part. Il ne
bénéficiera d'aucun cuivre, car celui-ci est destiné à
ses frères et soeurs."
- la citadine Menatnakhte
- la citadine Henoutchenou
- la citadine Khârnebou
" Ces quatre enfants de moi ne bénéficieront du partage d'aucun
de mes biens. Quant à tous les biens du scribe Qenerkhepechef, mon mari,
ses places, ce magasin de mon père, et la mesure de blé que j'ai
acquise avec mon mari, ils ne les partageront pas. Quant à ces huit enfants
de moi ils bénéficieront du partage des biens de leur père
pour une seule part."
Fait par le scribe de la Tombe enclose Amonnakhte.
An 4, troisième mois d'akhet, le 17.
En ce jour, l'homme d'équipe Khaemnoun est venu de nouveau au conseil
avec ses enfants pour déclarer : " Ces écrits qu'a faits
la citadine Naunakhte à proposde ses biens sont absolument exacts. L'homme
d'équipe Neferhotep ne bénéficiera pas de partage là-dedans."
Il a fait une déclaration sous serment par le seigneur VSF en ces termes
: " Que si je change d'avis en sorte d'élever une contestation à
ce propos, je sois passible de 100 coups et privé de mes biens."
En présence du chef d'équipe Khâoun du chef d'équipe
Nekhemmout, du scribe de la Tombe Hori, de l'inspecteur Ramose et de l'inspecteur
Pentaourê, fils de Nakhtmin.
B. Déclaration de Khâemnoun et Qenhrekhepechef
Déclaration par l'homme d'équipe Khâemnoun en présence
de l'homme d'équipe Anyakhte, l'homme d'équipe Qedakhetef, l'homme
d'équipe Horinefer, l'homme d'équipe Neferhotep, l'homme d'équipe
Amonnakhte, l'homme d'équipe Mainakhte et l'homme d'équipe Khonsou.
" Voyez, je vais donner cette cuvette qui pèse 13 deben de cuivre.
Elle appartient désormais à Qenherkepechef. Aucun fils ni aucune
fille ne pourra le contester, sa parole ne sera pas entendue, et il ne figure
dans aucun partage."
An 3, troisième mois d'akhet, le 10.
Ce jour, l'homme d'équipe Khâemnoun a déclaré : "
Quant à cette cuvette que j'ai donnée à l'homme d'équipe
Qenherkhepechef, mon fils, elle lui appartient maintenant. Aucun fils, aucune
fille ne peut le contester ni sa plainte entendue à l'avenir."
Transmission ce jour, en présence de l'homme d'équipe Qedakhetef,
l'homme d'équipe Nebnakhte, l'homme d'équipe Khonsou,, l'homme
d'équipe Neferhotep, l'homme d'équipe Amonnakhte et l'homme d'équipe
Khâemnoun lui-même, après que l'homme d'équipe Qenherkhepechef
eut déclaré : " Je lui donnerai deux khar et deux oipé
par mois.", et eut fait une déclaration sous serment par le seigneur
VSF en ces termes : " Par Amon et par le souverain VSF si je reprends ces
rations à mon père, que cette récompense qui est la mienne
me soit prise. Je serai redevable d'une paire de sandales à l'homme d'équipe
Amonnakhte et je donnerai une boîte à l'homme d'équipe Maanakhtouf
en échange de ces écrits qu'ils ont faits concernant la déposition
de leur père."
Papyrus médicaux
Extraits
du Papyrus médical de Kahoun
Prescription
destinée à soigner une femme que son vagin fait souffrir pendant la marche :
Demande -lui :
"Quelle
odeur sens-tu ?"
Si
elle répond :
"Je
sens le grillé"
alors tu sauras
que ce sont des symptômes nemsu. Fais-lui des fumigations à base de tout ce
qui rappelle l’odeur de grillé.

Extraits du Papyrus Elbers
Prescription à suivre pour remettre
en place l’utérus d’une femme : mélanger le bitume prélevé sur la coque
d’un bateau avec un peu de bière d’excellente qualités, et faire avaler ce breuvage
à la patiente.
Quant aux différents souffles morbides, ils entrent dans l'œil
gauche et sortent par le nombril. C'est un souffle propre au champ d'activité
du prêtre de Sekhmet. C'est le cœur qui fait, de façon répétée, qu'ils entrent
dans les conduits de l'intérieur du corps de l'homme et ils provoquent une cuisson
de tout le corps de l'homme. Alors le cœur chute à cause d'eux, en s'échauffant
et les conduits reliés au cœur frissonnent à cause de ce qu'ils contiennent.
S'ils se calment cela veut dire qu'ils étouffent les souffles morbides, mais
si le flux de ces derniers augmentent, ils seront submergés. »
Paragraphe 348.
Probablement très ancien,
ce passage est typique des grandes collections de remèdes que sont les papyrus
médicaux.
" Remède pour
chasser le sang qui est dans les yeux : ocre rouge 1 ; malachite 4 ;
galène 1 ; bois pourri 1 ; caroube 1 ; eau 1. Ce sera finement
broyé et placé dans les yeux."
Paragraphe 191. Texte probablement
de l'Ancien empire. Ce passage est assez caractéristique de l'approche égyptienne
des maladies internes. Ici, l'origine du mal est très traditionnelle :
un démon (un mort). Mais les signes recensés sont présentés assez précisément
pour définir une pathologie spécifique grave. Rétrospectivement, on reconnaîtra
dans ce texte une description possible d'un infarctus du myocarde, pour le médecin
de l'époque un simple problème de démon qui parcourt les conduits du corps.
"Si tu procèdes à
l'examen d'un homme atteint à l'entrée de l'intérieur-ib ( = vers l'estomac),
et qu'il est atteint dans le bras, à la poitrine et sur un côté de l'entrée
de l'intérieur-ib, et qu'on dit à ce sujet : " C'est la maladie verte ! »,
tu devras dire à ce sujet : " C'est quelque chose qui est entré
dans la bouche, c'est un mort qui le parcourt ! "Tu devras lui
préparer un traitement fortifiant... tu devras placer la main au-dessus de lui,
la gardant étendue jusqu'à ce que le bras aille bien, étant exempt de douleur."
Paragraphe 767.
Texte datant de l'Ancien Empire, comme la plupart
des textes chirurgicaux. Ce passage montre l'existence d'interventions chirurgicales
simples qui devaient toutefois s'apprendre avec des maîtres expérimentés. Il
s'agit de l'exérèse d'un kyste.
" Tu devras
lui faire le traitement au couteau, mais sois prudent au sujet des vaisseaux !
Il y a quelque chose qui en sort et qui est semblable à de l'eau de gomme. Elle
a fabriqué une cloison : ne permets pas qu'il en reste quelque chose et
elle ne reviendra pas."

Extraits du Papyrus Smith
Quant à l'expression examiner un malade, cela veut dire faire
un bilan de quelqu'un... L'acte d'examiner quelqu'un est comme faire le bilan
des choses quelconques au moyen d'une mesure ou avec les doigts... Faire le
bilan des endroits atteints qui sont dans le malade revient à examiner les endroits
atteints chez l'homme en examinant son cœur car des conduits (vaisseaux sanguins)
sont dans l'homme et sont pour chaque endroit du corps. Tout prêtre de Sekhmet,
tout médecin, qui met les mains, les doigts, que ce soit sur la tête, sur la
nuque, sur les mains, à l'endroit du cœur, sur les jambes, c'est vers le cœur
qu'est dirigé son examen, car il est avéré que les conduits à l'intérieur du
corps de l'homme prennent naissance à l'arrière du cœur et que le cœur parle
devant chaque conduit de chaque endroit du corps. Le médecin dit examiner à
propos de la plaie en plaçant les doigts sur les conduits de la tête, ceux de
la nuque, ceux des jambes... dans le but de reconnaître les caractéristiques
médicales de ce qui se déroule dans le malade."

Extraits du Papyrus Hearst
Paragraphe 170.
Conjuration datant du Nouvel Empire, contre la maladie
cananéenne, probablement la lèpre.
"Qui est savant comme
le dieu Rê ? Qui en connaît autant que ce dieu, alors que le corps est
charbonné comme avec du charbon de bois, pour se saisir du Dieu d'en Haut. Alors
comme Seth conjura la mer, Seth te conjurera de même, Ô maladie cananéenne...
Que l'on dise cette formule quatre fois sur de l'huile fraîche de moringa et
des résidus de pot-rehedet. Conjure-la avec cela puis scelle-la avec des sceaux
en carapace de tortue."
