Ouserkaf est le premier Pharaon de la nouvelle
dynastie qui se met en place, la dynastie V. Son règne fut relativement court
et, outre l’édification d’une pyramide classique, il inaugure un
nouveau type de construction, le temple solaire, réplique de celui d’Héliopolis,
ville sainte dont se réclameront les souverains de cette nouvelle dynastie.
Les origines de cette lignée sont consignées au sein d’un papyrus conservé
à Berlin, le fameux papyrus Westcar,
mettant en scène des Pharaons anciens tels que Snéfrou, Khéops, Didoufri, Kephren
etc, et expliquant, sur le ton de la légende, la naissance des nouveaux Pharaons
Ouserkaf, Sahourê, Neferirkarê, tous frères, fils de Rê et de l’épouse
d’un des grands prêtres. Voir Littérature.
La
pyramide
Ouserkaf renoue avec la tradition
et construit son complexe pyramidal à Saqqarah.
Pures sont les places d’Ouserkaf côtoie ainsi la pyramide à degrés de l’illustre
Djeser. A l’origine elle
s’élevait à 43 m de haut et il est à signaler que toutes les pyramides
à venir n’atteindront plus jamais les mesures « pharaoniques »
de leurs aînées de la dynastie IV. On y retrouve cependant les éléments classiques
d’une telle construction et, patiemment, entre 1948 et 1955, Lauer étudiera
les éléments constitutifs de celle d’Ouserkaf.
Sur la face Est de la pyramide,
seul le sanctuaire du Temple funéraire a été bâti, le reste du Temple se trouvant
sur la face Sud du tombeau. Ce choix inhabituel peut s’expliquer probablement
par le fait que le terrain à cet endroit s’élève anormalement empêchant
une construction plus ambitieuse ou aussi par l’existence de tombes plus
anciennes.
Le Temple funéraire sur la face
Sud proposait une entrée près de l’angle sud-Est de la pyramide et se
composait de deux chambres suivies d’une cour bordée de colonnes sur trois
de ses côtés. C’est au cœur de ce temple que C. Firth a découvert
une colossale tête statue d’Ouserkaf de 70 cm environ conservée au musée
du Caire.
La pyramide d’Ouserkaf a subi
les outrages du temps et malgré une restauration entreprise par le prince Khaemouaset,
fils de Ramses II, il reste bien peu de vestiges de ce tombeau.
Le
temple solaire
Le temple solaire d’Ouserkaf situé à
Abou Gorab
est bien mal conservé et l’on s’en réfère à celui de son successeur
Niouserrê
pour en comprendre l’agencement. Exploré en partie par Borchardt au début
du XIXème siècle, il fut fouillé plus précisément dans les années 1955.
Nous avons vu dans Pharaon, Fils de Rê, Maître du monde,
que les souverains de la dynastie V adoptèrent le titre de Fils de Rê,
le dieu d’Héliopolis. Les temples solaires qu’il édifièrent en l’honneur
de celui-ci ne sont pas des complexes funéraires même si leur structure s’en
rapproche sous certains aspects. On y célébrait le déclin du soleil jusqu’à
l’Occident. Construit sur le modèle du temple solaire d’Héliopolis,
il se déchiffre comme suit, tel qu’on a pu le définir grâce au temple
de Niouserrê :
Un Temple de la vallée ou
Temple bas, accessible en barque, puis une chaussée montante qui mène
au Temple funéraire. Cette avenue était couverte et éclairée grâce à
des ouvertures pratiquées dans la toiture. Le Temple funéraire était accessible
par une porte monumentale dont les murs, probablement inclinés vers l’intérieur,
préfiguraient les futurs pylônes du Nouvel Empire. A l’intérieur de l’enceinte
du Temple, une cour pavée au fond de laquelle se trouvait l’élément principal,
l’obélisque solaire,
symbole du dieu solaire, monolithe de pierre qui s’appuyait sur un socle
évoquant une pyramide tronquée. Au pied de l’obélisque un autel en albâtre
servait de support pour les sacrifices. L’obélisque de Niouserrê s’élevait
à 36 m de hauteur sur un socle de près de 16 m. Revêtu de dalles de calcaire
son sommet était fait de blocs de granit peut-être plaqués de cuivre. Dans la
zone délimitée par le mur d ‘enceinte, on trouvait des magasins et
des cours où l’on immolait des animaux .
Dans le sanctuaire du Temple solaire
fut retrouvée une tête de statue en schiste représentant le roi Ouserkaf portant
la couronne rouge
de Basse-Egypte.
Les temples de la dynastie
V, dont celui de Niouserrê, offraient un abondant décor de bas-reliefs peints
évoquant avec une admirable richesse des scènes d’une très grande variété :
faune, flore, dieux des nomes, scènes agraires, cérémonies jubilaires etc. Ces
scènes visibles tant sur les murs de l’avenue couverte que sur les murs
entourant le Temple pouvaient être admirées grâce à la lumière habilement diffusée
par des ouvertures pratiquées dans la toiture tandis que d’autres ne pouvaient
être lues qu’à la faveur des flambeaux.
Grâce à des inscriptions,
l’on sait aujourd’hui que cinq pharaons de la dynastie V élevèrent
des temples solaires. Seulement deux ont pu être mis à jour, ceux d’Ouserkaf
et Niouserrê.