Bien des visiteurs antiques furent
impressionnés par ce temple comme nul autre en Egypte : ainsi, Hécatée
d’Abdère en fait une première description puis Diodore de Sicile est charmé
à son tour et lui donne le nom de tombeau d’Osymandias, transcription
grecque du nom de Ramsès II, Ouser-Maât-Rê. Strabon s’y intéresse
aussi, le mentionne dans ses écrits mais tout se précipite à l’époque
ptolémaïque lorsque des carriers bien mal intentionnés commencent leur patient
travail de démantèlement, ce sont des pans entiers de monuments qui sont dispersés
en d’autres lieux. Et comme si la bêtise des hommes ne suffisait pas,
la nature apporte sa dure contribution à la destruction du site sous
forme de séismes violents qui précipitent encore un peu plus la dégradation
du temple. Plus tard, le Ramesseum sera même transformé en église tout comme
le fut Medinet-Habou.

L’expédition
de Bonaparte constituée d’une armada de savants, d’historiens et
de scientifiques
éclaire d’un
jour nouveau cette partie de la vallée thébaine où furent construits
Les Châteaux des Millions d’Années
des grands Pharaons du Nouvel Empire, les temples sont scientifiquement étudiés,
des relevés sont effectués mais toute médaille à son revers, malheureusement !
L’engouement que suscite l’Egypte durant cette période lui permet
de sortir de l’ombre millénaire qui la recouvrait mais, paradoxalement,
la fragilise car un juteux trafic d’antiquités est mis en place sur le
territoire égyptien, commerce si regrettable qu’il incite Belzoni à ordonner
l’évacuation d’un colosse de Ramsès II qui gisait dans la grande
cour du Ramesseum.
Il faudra attendre la venue de J.F.
Champollion tout entier animé de sa passion égyptienne pour que soit enfin restitué
à Ramsès II ce qui appartient à Ramsès II : en 1829, armé de son savoir,
de ses relevés, de ses comparaisons et de son infaillible instinct il déclare :
" Je n’emploierai désormais, pour désigner cet
édifice, que son nom égyptien même, sculpté dans cent endroits et répété dans
les légendes des frises, il portait le nom de Rhamesseion parce que c’était
à la munificence du pharaon Rhamsès le Grand que Thèbes en était redevable. "
En 1899, un autre grand nom de l’égyptologie
moderne, tout aussi animé de sa foi en l’Egypte pharaonique est nommé
sur les lieux pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore, Carter,
le découvreur de Toutankhamon vient au chevet du temple de Ramsès II. Puis,
de 1903 à 1906, Baraize poursuit les travaux et, en 1965, le Centre de documentation
sur l’Ancienne Egypte secondé par le CNRS procède à l’étude systématique
du site.
Depuis 1991, les recherches sont
conduites sous l’égide de C. Leblanc, chargé de recherche à l’Institut
d’égyptologie thébaine. Un formidable groupe de mécènes s’est constitué
autour du Ramesseum et chaque jour, les travaux de fouilles et de préservation
avancent sous la tutelle du Conseil Suprême des Antiquités, Elf Aquitaine, le
CNRS, la Laboratoire des ponts et chaussées, l’université du Caire, l’Association
pour la sauvegarde du Ramesseum et bien d’autres encore. Les efforts,
l’acharnement, la persévérance de ces hommes prouvent quotidiennement
l’importance de ce monument d’éternité tout en révélant
le personnage hors du commun qu’était Ramsès II.
A nous, maintenant, de découvrir
ce fabuleux mémorial élevé en l’honneur d’un des plus grands Pharaons
de l’Histoire égyptienne.