La
société égyptienne pourrait être comparée à l’une des toutes premières formes
de la grande architecture qui prit naissance sur la Terre d’Egypte : la
pyramide. En effet, la société égyptienne s’est structurée selon le schéma classique
d’une société pyramidale dont le sommet, le pyramidion, se trouve être Pharaon.
Nous étudierons dans un autre chapitre les éléments qui descendent vers la base.
Voir Organisation de
la société et du Pouvoir.
Le
mot Pharaon vient de le version grecque de la Bible où il apparaît dans la Vulgate
sous la forme Pharao. Cependant, les Egyptiens antiques avaient bien
d’autres façons de nommer leur souverain.
Pour
bien appréhender le caractère divin de Pharaon, il nous faut faire un petit
retour aux sources mêmes de l’Histoire égyptienne. Au début des temps, Rê-Atoum,
issu du Noun, règne sur la terre. Cependant, fatigué de la méchanceté des hommes
et las de leurs révoltes incessantes, il décide de monter au ciel léguant ainsi
sa royale charge à l’un de ses descendants Geb. Geb, à son tour, offre la royauté
en héritage à Osiris, son fils, qui l’abandonne après bien des malheurs à son
fils Horus. Voir Mythes et Légendes
Il
apparaît donc clairement que les origines divines de Pharaon en font un être
exceptionnel. Descendant d’Horus, protégé par les deux déesses tutélaires, Nekhbet
et Ouadjet, ses prétentions se font plus impérieuses : il se proclame Fils
de Rê, fils du Créateur suprême qui fonde ainsi en droit ses aspirations à gouverner
le monde entier. Il est l’incarnation terrestre du pouvoir divin. D’ailleurs
ses attributs rappellent à qui aurait pu l’oublier qu’il est un dieu parmi les
humains. Son visage est orné de la barbe postiche des dieux et ses mains serrent
les insignes du pouvoir : le sceptre et le fouet tandis
qu’à son front se dresse l’uraeus, ce terrible cobra
chargé de le protéger et d’éloigner les attaques ennemies.
Dieu
sur terre, fils charnel du démiurge en personne, intermédiaire privilégié entres
les dieux et les humains, garant de la Maât et de l’Ordre, infatigable bâtisseur,
invincible guerrier, seigneur d’Egypte et de l’Univers, personnalité charismatique,
Pharaon est bien un surhomme et l’on a bien envie de souscrire à un tel portrait
tant il est flatteur. Divinisé, craint, adoré, respecté par tous ses sujets,
Pharaon est cependant un homme de chair et de sang et il est aussi considéré
comme tel par le même peuple qui le porte aux nues. Et le bon peuple n’est pas
dupe. Il sait faire la différence entre une certaine idée de la monarchie essentielle
pour le bien-être du pays et la bonne marche du monde, et le monarque qui pouvait
faillir à sa mission, voire ne pas en être digne. Dans les maisons de pisé,
tout comme dans nos demeures, les critiques devaient aller bon train soulignant
tel ou tel aspect négatif du souverain. Bon nombre de contes populaires, très
peu flatteurs, ne se privaient pas pour dépeindre Pharaon comme un simple mortel
avec ses qualités et ses défauts.
Le
mystère de la naissance divine
Voici
quelques exemples de titulatures royales. Celles d’Amenhotep III et de Ramsès
II sont complètes. Les suivantes ne comportent que les noms IV et V.